Mulhouse en Commun se réjouissait à l’avance du débat initié par l’UHA à l’occasion des élections municipales 2026. Son organisation rigoureuse et sécurisée, la présence des principales listes en lice apparaissaient à tous comme un moment démocratique fort de la vie de notre cité et de notre territoire. Son annulation surprenante, annoncée le 20 février, génère la surprise sinon la consternation de tous les démocrates attachés au débat contradictoire.
Ce renoncement n’a rien d’anodin. Cette annulation est dommageable en ce sens qu’elle nie le principe des libertés académiques. La circulaire du 16 février signée par le ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche et le ministre de l’Intérieur ne vise qu’à étouffer le débat démocratique. Mais les textes sont clairs. Le conseil d’État par deux décisions en 2024 a rappelé qu’une interdiction générale n’est pas possible au regard de la loi.
Cette circulaire où les ministres, agitent la menace d’une interdiction n’est en rien contraignante. Les universités restent souveraines et l’UHA n’avait aucune obligation de procéder à l’annulation.
Ce choix est d’autant plus regrettable qu’il s’inscrit dans un contexte où les libertés sont attaquées de toutes parts. Mulhouse en a déjà fait les frais avec les attaques contre la liberté de création à la HEAR et en rajouter aujourd’hui avec l’annulation du débat à l’UHA ne peut que desservir l’image de notre ville qui est une cité libre et refuse toutes les atteintes à la liberté.
Pendant que le débat est annulé sur le campus, c’est au nom de la liberté d’expression que le même gouvernement autorise des rassemblements d’inspiration fasciste dans nos rues.
Pour nous, Mulhouse en Commun, l’université est par vocation et histoire, le creuset du savoir critique, le lieu où les idées s’éprouvent, s’affrontent et grandissent.
Bâillonner le débat ne protège personne, cela prépare le silence.
Mulhouse en Commun invite la direction de l’UHA à reconsidérer son geste d’annulation et à retrouver le goût de la « disputatio ».

